Les Nephilim

Les « Nephilim », comme les appellent les survivants, sont des extra-terrestres dont le vaisseau s’est écrasé dans la région de Dobrogée. Interprétée comme la chute d’une étoile filante, la chute de leur engin spatial a provoqué tout d’abord un bain de sang entre les différentes factions combattantes d’Eden, puis de profonds bouleversements idéologiques chez les rares survivants qui les ont croisés. Leur présence est encore inconnue du plus grand nombre et très peu d’informations ont été confirmées à leur sujet. S’ils sont dangereux, les Nephilim ne sont rien à côté de la menace qu’ils augurent : une invasion de masse des terres dévastées.

Les Atrahasis ont prospéré sur Atra, une planète située dans la même galaxie que la Terre. Ces créatures ovipares forment toutes une unique espèce malgré les différences morphologiques remarquables de leurs différentes castes : leurs attributs physiques et mentaux sont conditionnés dès le stade embryonnaire par les besoins de leur communauté. Les circonstances de procréation, la température, les conditions atmosphérique puis, après la naissance, la nourriture donnée jouent un rôle fondamental dans le développement génétique du jeune Atrahasis. Ainsi la caste d’un individu est choisie dès la conception : certains deviendront des « Kala », des combattants, des « Asim », des intellectuels, ou encore des « Zimri », des explorateurs.
 
A cette sélection génétique de la caste se superpose les règles d’une société pyramidale partagée en grand clans familiaux. Chaque clan atrahasis possède un nom, un emblème, dirige une région de la planète Atra plus ou moins grande et se distingue par un champ de compétences de prédilection : la chasse, le commerce, la diplomatie, l’industrie, la médecine, etc.
Le déterminant final, celui qui place l’individu dans l’échelle sociale, est déterminé par un mélange d’autres facteurs comme, par ordre d’importance, le prestige personnel dans le domaine de prédilection du clan, l’âge ou le nombre de rejetons.

Ainsi la place de chacun dans la société est conjointement définie par sa caste de naissance, son clan d’appartenance et son rang social. Au sommet de chaque clan se trouve un chef, et la communauté des chefs désigne environ tous les dix ans (à l’échelle de temps terrestre) le « Shulgi », le souverain suprême d’Atra.

 
 
 
 
A l’époque où, sur Terre, Christophe Colomb découvrait l’Amérique, le clan Digir créait un générateur expérimental utilisant une technologie basée sur l’état fondamental de la matière. Peu après, les Digir donnaient aux Atrahasis des sources d’énergie extrêmement puissantes et, alliés au clan de navigateurs Ninlil, ouvraient la perspective du voyage spatial à leur espèce. Grâce à la technique du saut spatial, il fallut n’attendre qu’un siècle et demi pour qu’un consortium de clans découvre une planète hospitalière, baptisée Razh, et trente années supplémentaires afin qu’une colonie s’y installe.
 
Les conditions de vie de Razh favorisèrent la vitalité et la fertilité des colons, si bien qui prospérèrent bien au-delà des prévisions initiales. La vigoureuse population de Razh, menée par les chefs de trois clans principaux, les Akalam, les Illura et les Ninlil, se dissocia rapidement de la culture d’Atra et de ses traditions ancestrales. Bientôt les trois clans décidèrent de n’en former qu’un, les Razhasis, et décrétèrent unilatéralement l’indépendance de Razh.
 
Les anciens Atrahasis, outrés par cette décision contraire aux principes fondateurs de leur culture, déclarèrent la guerre à leurs jeunes cousins rebelles. Les Razhasis, cependant, possédaient un sens des initiatives et une vitalité depuis longtemps assoupies chez leurs anciens chefs : ils rasèrent Aya, la cité-capitale d’Atra, tuant au passage le Shulgi et de nombreux chefs de clans. Les représailles qui s’ensuivirent furent barbares, et ce qui était annoncé par les belligérants des deux camps comme une opération-éclair se transforma en guerre totale.
Le conflit dura longtemps et décima les rangs des guerriers dans les deux camps. Une découverte terrifiante instaura pourtant un cessez-le-feu aussi inattendu que bref : 99% de la population Razhasi étaient infectés par un micro-parasite natif de leur colonie. Ce fléau altérait le patrimoine génétique de ses victimes et, au fil des générations, diminuait la fertilité des mâles. Le parasite ne pouvait s’étendre qu’en trouvant de nouveaux hôtes, ce qui expliquait la vitalité des Razhasis.

Les autorités de Razh, peu versées dans le domaine de la médecine, offrirent de déposer les armes et de se rendre en échange de l’aide des scientifiques d’Atra. La survie de leur jeune clan à moyen terme était en jeu. Atra, drapée dans ses principes, traumatisée par la guerre et effrayée par la contagion, refusa de manière catégorique. Le conflit se mua soudain en guerre d’extinction et il ne fallut pas longtemps pour que des Razhazis vengeurs infectent à leur tour des Atrahasis.
 
Conscients que leur espèce courait droit à l’extinction, certains chefs des deux factions se réunirent en secret. Ils décidèrent d’isoler autant d’individus non-infectés que possible et de les envoyer dans l’espace, à bord d’un vaisseau-colonie, en attendant que le conflit s’achève d’une manière ou d’une autre. Si le parasite était vaincu, ces exilés pourraient revenir. Et si les deux camps s’exterminaient, ils pourraient revenir sur Atra après la disparition naturelle du parasite.
 
Le vaisseau-colonie et ses hôtes étaient peu armés, afin d’éviter que tout conflit dégénère et mène potentiellement à la destruction. Seules des armes blanches ou de poing étaient ainsi disponibles. C’était sans compter sur la nature belliqueuse des occupants : un conflit lié à l’infection supposée d’une partie de l’équipage engendra une mutinerie, et les belligérants furent aussitôt contraints d’en venir aux formes de combat les plus basiques. L’affrontement embrasa tout le vaisseau et, dans le feu de l’action, la commande de saut spatial fut endommagée. Le vaisseau-colonie disparut en un instant dans un trou de ver, vers une direction inconnue.
 
Affolés par la disparition de l’arche rédemptrice, les chefs de la conjuration Atrahasis cherchèrent à reproduire les coordonnées de saut de la nef spatiale, sans réel succès. Il faudrait sans doute des années avant d’y parvenir et d’envoyer des équipes de secours.
 
Dès qu’ils prirent conscience des conséquences de l’accident, les occupants du vaisseau déposèrent les armes. Les commandes de saut étaient irréparables et le voyage, où qu’il mène, était sans retour. Ils se résolurent alors à une vie nouvelle et s’efforcèrent d’oublier leur passé. L’équivalent de dix années terrestres s’écoulèrent.
Le vaisseau acheva son saut pratiquement en orbite de la terre, dans un état lamentable et sans provisions. Les Asim, les scientifiques embarqués, déterminèrent que l’atmosphère terrestre était difficilement respirable mais s’accordèrent sur l’impérieuse nécessité d’un atterrissage d’urgence. Le vaisseau entra dans l’atmosphère…
 
… et c’est ainsi que les Nephilim décrits dans les anciens textes religieux tombèrent du ciel pour apporter le malheur sur une terre déjà damnée : Eden.
 
Les Nephilim ont découvert en Dobrogée une terre irradiée et hostile, livrée à d’abominables barbares dont la simple apparence les effraient. Ils sont pourtant déterminés à transformer cet enfer en berceau pour la renaissance de leur civilisation, quel que soit le prix à payer. Ils sont le dernier espoir de leur espèce.
 
Les Nephilim sont pour l’instant cantonnés dans la région de Dobrogée et se servent de leur ancienne arche spatiale comme d’un refuge. Ils savent néanmoins qu’il s’agit d’une solution temporaire : le vaisseau attire les humains les plus violents comme des mouches.
 
 
 
Avec le soutien des explorateurs de la caste Zimri, les guerriers Kala ont capturé des humains afin de pouvoir les étudier. Les savants ont ainsi découvert l’essentiel des fonctions biologiques des habitants d’Eden, y compris et surtout l’usage du langage articulé. Avec beaucoup d’efforts, un Asim pourrait ainsi s’adresser grossièrement à un humain. Il ne reste plus qu’à trouver une méthode pour apprendre la langue.
 
Les prisonniers faits dans les rangs autochtones ont également permis de mener quelques expériences d’altération génétique et cybernétique. Le résultat est la création de gardiens féroces, les Malek, destinés à protéger le vaisseau et à accompagner les Nephilim dans leurs raids aux alentours.
 
Peu de temps après leur arrivée, les Nephilim se sont résolus à mettre au monde, dans les meilleurs délais, une nouvelle génération. Celle-ci sera biologiquement adaptée à la vie sur Eden et, avant tout, n’aura pas besoin d’un masque pour respirer correctement. Les Nephilim, cependant, sont anxieux : quel impact aura cette terre dévastée et irradiée sur la morphologie de leurs petits ?